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Élisabeth Mukamba: «Je souhaite que nous ayons une usine de production de vaccins ici, en Afrique»


La RDC a reçu plus de 1,7 million de doses de vaccin contre le Covid-19. Cette livraison fait partie d'une première vague qui se poursuivra dans les semaines à venir. Cette campagne concerne d’abord les personnes âgées de plus de 55 ans et les personnes souffrant de comorbidités (maladie rénale chronique, hypertension artérielle ou diabète). Élisabeth Mukamba, directrice du PEV, le Programme élargi de vaccination, le principal organisme qui gère les opérations de vaccination en RDC, répond aux questions de RFI.

RFI : Logistiquement, en quoi cette campagne de vaccination est-elle particulière par rapport aux autres campagnes de vaccination que vous avez eu à faire ? Élisabeth Mukamba : Sur le plan logistique, en fait les défis sont pratiquement les mêmes. Les vaccins que nous utilisons en routine pour la plupart sont conservés aux mêmes températures que les vaccins que nous avons ici. Donc, il n’y a pas forcément de grosses différences. Vous avez des coins où les routes sont vraiment difficiles. Les transports, c’est soit à pied, soit le véhicule peut prendre plus de temps pour arriver, surtout quand on est en saison des pluies, des fois il y a des routes que mêmes les motos ne peuvent pas emprunter, car elles peuvent s’embourber. Donc, c’est essentiellement ces défis auxquels on doit faire face. Ce que nous au niveau du programme faisons surtout pour nous assurer que les vaccins que nous avons distribués conservent la qualité, c’est que dans chaque glacière, boite isotherme, on place un moniteur qui enregistre de manière continue la température. Et même dans les réfrigérateurs, dans lesquels on a mis en place un système de monitorage à distance. Donc, on peut voir quels sont les réfrigérateurs qui posent problème et agir déjà très rapidement pour corriger ça, donc pour nous assurer que les vaccins sont gardés aux températures requises. S’il y a un soupçon soit d’exposition à une chaleur au-delà de la température requise ou une exposition à un froid au-delà de la température requise, ce vaccin est directement déplacé pour ne pas être utilisé et il est remplacé par un autre. Dans une première communication, il a été dit que le pays compte vacciner 20 % de sa population. Pourquoi seulement 20 % ? En fait, on évolue par échelons et le pays a adhéré à l’initiative Covax qui lui permet d’accéder au vaccin pour couvrir 20 % de la population. Et même, dans cette première étape, nous avons une première étape avec les 3 % de la population, puis on va couvrir les 17 % restant pour atteindre 20 %, puis progressivement, on augmentera jusqu’à atteindre au minimum 60 % de la population.

À part le vaccin AstraZeneca, quel autre vaccin va intervenir ? Par rapport au choix du vaccin, il faut dire que nous avons en RDC un Groupe technique consultatif pour la vaccination [GTCV]. Vraiment, nous voulons déjà ici apprécier et saluer l’excellent travail qu’ils sont en train de faire. C’est eux qui orientent le pays sur le choix du vaccin et ce Groupe technique consultatif pour la vaccination a proposé au pays 4 vaccins éligibles. À côté de l’AstraZeneca, il y a le vaccin Sinopharm, le vaccin Sinovac et le vaccin Spoutnik. Mais, le GTCV a recommandé que, de manière régulière, des réévaluations soient faites pour orienter le choix. Après que tous les éléments et toute la surveillance qui est mise en place soient collectés, là ils donnent de nouvelles réorientations. Donc, ce sont les 4 vaccins qui sont recommandés au pays. Actuellement, nous utilisons l’AstraZeneca qui est repris sur la liste des médicaments qui peuvent être utilisés en urgence, c’est l’EUL [Emergency Use Listing] délivré par l’OMS [Organisation mondiale de la santé]. Et de ce fait, l’AstraZeneca nous l’avons acquis au pays. Mais sur recommandations du GTCV, le pays pourrait acquérir aussi d’autres vaccins. Mais quand cela peut intervenir justement ? À ce stade, je ne sais pas. Quand on regarde l’organisation de la campagne et les défis. Quelles sont vos plus grandes craintes ? La plus grande crainte et la crainte par rapport à un programme de vaccination, c’est souvent les ruptures de stocks, parce qu'avec tout le travail qui est fait, et je reste convaincue, je l’ai vu quand on a dû vacciner contre la maladie à virus Ebola, c’est vrai qu’au début, quand les gens n’ont pas compris, ils étaient un peu réticents, mais dès qu’ils ont vu les résultats, ils ont adhéré. Est-ce que la demande en vaccin pourra être soutenue ? C’est vraiment l’une de mes plus grosses craintes. Moi, je rêve grand. Je souhaiterais vraiment qu’il y ait une usine de production de vaccins ici chez nous en Afrique, de manière à éviter toutes ces ruptures de stocks auxquelles on fait face de manière récurrente. Patient Ligodi / RFI

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